Une nouvelle sortie culturelle, cette fois en Avignon
Un lieu unique, singulier et chargé d'histoire, et d'histoires...
Investir une maison d'arrêt, même désaffectée depuis dix ans, n'est pas un geste anodin. Et y proposer une ample et ambitieuse exposition, même éphémère, s'affiche bel et bien comme un acte citoyen, dont personne n'ignore la dimension sociale et politique.
Aventure folle que ce projet éphémère ! Pourtant le jeu en valait la chandelle car une telle opportunité ne se présenterait pas de sitôt !
En octobre 2013, le projet d'exposition a obtenu l'aval de la Ville d'Avignon, de Yannick Blanc, préfet de Vaucluse, et d'Hervé Digne, président de la Collection Lambert.
L'ancienne prison reprend donc vie pour plusieurs mois, avant que les pouvoirs publics en dessinent et mettent en oeuvre le futur. Cette exposition marque, de fait, la transition entre 132 années (1871-2003) de vocation carcérale et un avenir pleinement ouvert auquel le public prendra une large part.
Six mois auront suffit pour installer des branchements électriques et une adduction d'eau, pour se conformer aux recommandations du bureau d'études et des pompiers, pour garantir la sécurité du public à tous les étages et rendre le rez-de-chaussée accessible aux handicapés, pour préparer un accochage ambitieux.
Sur trois niveaux, ce sont plus de 200 oeuvres que le public découvre le long d'interminables couloirs, dans des "quartiers" bien différenciés, dans d'innombrables cellules ayant hébergé de 1 à 6 condamnés... Dans ce labyrinthe proprement borgésien, l'attention est particulièrement retenue par les impressionnants quartiers des Isolés, des Arrivants et des Sortants, par le chemin de ronde, par les couloirs de promenade distincts pour les femmes et les hommes, par la cour dite "des Encombrants" et celle réservée au "sport".
Voici pour le lieu, à plus d'un titre exceptionnel.
Eric Mézil, co-commissaire de l'exposition "La disparition des Lucioles", et directeur de l'ouvrage éponyme.






